Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris une décision hautement symbolique lors du dernier Conseil des ministres : le boulevard Général-De-Gaulle portera désormais le nom de Mamadou Dia. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de réappropriation historique et de rupture avec les vestiges du passé colonial du Sénégal.
Une victoire symbolique pour les militants anticolonialistes
Le mouvement FRAPP salue cette initiative qu’il considère comme une avancée majeure dans la lutte pour la décolonisation de l’espace public. Dans un communiqué, le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’organisation rappelle que depuis plusieurs années, il milite pour l’effacement des symboles coloniaux du paysage urbain sénégalais.
« Cet acte, bien que symbolique, constitue une avancée importante dans le combat pour la décolonisation des espaces publics du Sénégal », affirme le FRAPP, soulignant le rôle clé de campagnes militantes comme « Faidherbe doit tomber » et « Set Setal », qui ont dénoncé la persistance de noms liés à l’oppression coloniale.
Un tournant dans la réécriture de l’histoire ?
Toutefois, les militants anticolonialistes estiment que cet effort doit aller encore plus loin. Le FRAPP interpelle les autorités sur la nécessité de renommer d’autres rues et monuments portant les noms de figures coloniales telles que Jules Ferry, Louis Faidherbe, Albert Sarraut et William Ponty. « La présence de ces noms dans nos espaces publics est une insulte à notre histoire et à notre souveraineté », dénoncent-ils.
À la veille du 4 avril, date de la fête de l’indépendance, le FRAPP prévoit la diffusion d’une série de vidéos dénonçant les formes persistantes de dépendance économique, culturelle, militaire et politique du Sénégal. Pour ses membres, le combat pour une souveraineté totale est loin d’être terminé.
Avec cette décision, le gouvernement envoie un signal fort et ouvre la voie à une relecture plus engagée de l’histoire nationale. La question est désormais de savoir si cette dynamique de décolonisation de l’espace public se poursuivra dans les mois à venir, pour répondre aux attentes des militants et des citoyens en quête de reconnaissance et de justice historique.