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Contribution Politique

Diomaye Président : du Programme de campagne à un Plan de Développement économique (Mamoudou Bocoum, Ingénieur Polytechnicien)

Le 5 avril 2024, l’annonce de la composition du premier gouvernement sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye par le Premier Ministre Ousmane Sonko a été accueillie avec optimisme. Globalement, le critère de compétence semble avoir été le principal moteur dans le choix des membres ministériels, un choix qui mérite d’être salué.

Cependant, chaque nouveau départ est accompagné de défis et d’ajustements à réaliser. La sous-représentation des femmes dans le gouvernement est un aspect qui n’a pas échappé à l’attention. Je suis fermement convaincu qu’à compétence égale, il est impératif de favoriser la participation des femmes dans les plus hautes sphères du pouvoir, non seulement pour renforcer la représentativité et la diversité, mais aussi pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans notre société.

Par ailleurs, la taille relativement importante du gouvernement, avec ses 30 membres, soulève des questions. Dans un précédent article, j’ai plaidé en faveur d’une rationalisation des ministères, notamment en regroupant tous les modes de transport sous un seul ministère intégré. Bien que le regroupement des transports terrestres et aériens soit une avancée par rapport à la situation antérieure, il aurait été judicieux d’intégrer également les domaines maritime et portuaire pour une meilleure synergie. La triade mer-terre-terre met en évidence l’interdépendance entre ces espaces et souligne l’importance d’une approche intégrée pour assurer une connectivité efficace et une sécurité durable. Un de mes doyens que j’admire dit souvent : « la bataille à la mer se gagne à la terre » en faisant référence à la stratégie de développement du secteur portuaire.

Pour une rationalisation accrue du nombre de postes ministériels, d’autres suggestions auraient pu être envisagées. Par exemple, la création d’un ministère de l’économie, des finances et du budget aurait permis une gestion plus intégrée des questions économiques et budgétaires. De même, la fusion du ministère de l’éducation nationale avec celui de la formation professionnelle, en incluant également l’enseignement supérieur, aurait favorisé une approche holistique de l’éducation, en alignant les politiques éducatives sur l’ensemble du continuum éducatif.En outre, regrouper les domaines de la santé, de l’action sociale et de la famille au sein d’un même ministère aurait facilité une coordination plus efficace des politiques sociales, en permettant une réponse plus intégrée aux besoins des populations les plus vulnérables. Enfin, la création d’un ministère de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la souveraineté alimentaire aurait renforcé la promotion d’un secteur primaire robuste, en favorisant une approche globale du développement agricole et halieutique, ainsi que de la sécurité alimentaire.

Malgré ces points d’amélioration, la sélection des ministres est globalement satisfaisante, avec un casting de grande qualité, méritant nos félicitations et nos encouragements. Leur nomination suscite un regain d’espoir pour l’avenir du pays, et nous leur souhaitons à tous plein succès dans leurs nouvelles fonctions.

Maintenant que cette étape est franchie, le véritable travail commence pour promouvoir un Sénégal souverain, juste et prospère. C’est dans cet esprit que cette note est rédigée, dans le but de contribuer de manière constructive à cette vision commune.

Il est essentiel de rappeler la distinction fondamentale entre un programme de campagne et un plan de développement économique. Cette distinction peut sembler évidente, mais elle revêt une importance capitale. Une fois élu, la différence principale entre les deux réside dans leur portée, leur orientation, leur temporalité et leur caractère opérationnel. Si le programme électoral offre une vision stimulante pour l’avenir, sa concrétisation nécessite un plan structuré, opérationnel et axé sur le long terme.

Un programme de campagne se concentre généralement sur des promesses électorales spécifiques, souvent à court terme, conçues pour attirer les électeurs pendant la période électorale. Il peut être flexible et sujet à des changements en fonction des priorités politiques et des circonstances une fois au pouvoir.

En revanche, un plan de développement économique est un document plus formel et structuré visant à guider les politiques et les actions gouvernementales sur le long terme. Il met l’accent sur des objectifs économiques, sociaux et environnementaux à long terme, proposant des stratégies et des mesures concrètes pour les atteindre. Ces plans sont élaborés en consultation avec diverses parties prenantes et reposent sur des analyses approfondies des défis et des opportunités économiques du pays.

Prenons l’exemple de Macky Sall, élu avec le Yoonu Yokkute, il gouvernera avec le Plan Sénégal Emergent. Il a fallu près de deux ans pour élaborer ce plan de développement et commencer à mettre en œuvre, voire améliorer, certaines de ses promesses électorales de manière coordonnée et cohérente. C’est ce qui lui a donné le bilan qu’il revendique aujourd’hui.

Le Président Diomaye a été élu avec LE PROJET, mais il lui faudra un plan de développement approprié pour atteindre ses objectifs d’un Sénégal souverain, juste et prospère. Bien que LE PROJET propose des idées intéressantes, un travail complémentaire est nécessaire pour ajouter de la cohérence, prioriser et surtout le rendre opérationnel.

Cependant, le Président Diomaye n’aura pas le luxe de deux ans comme Macky Sall, avec un mandat de 7 ans. Les Sénégalais sont impatients et pleins d’espoir, espérant voir des résultats durant ce mandat de 5 ans. Il est donc urgent pour le président Diomaye de mettre à disposition du peuple un plan de développement inspirant et rassurant. LE PROJET avec lequel il a été élu constitue une bonne base. Sa coalition dispose sans aucun doute des ressources nécessaires, en plus de profils ministériels très intéressants, pour élaborer ce plan dans les prochains mois ; ce qui devrait être leur priorité numéro un afin de commencer sa mise en œuvre rapidement.

Dans cette optique, le président Diomaye et son équipe disposent d’une occasion unique de façonner l’avenir du Sénégal. Leur engagement en faveur d’un Sénégal souverain, juste et prospère est porteur d’espoir pour tous les citoyens. Il revient désormais à chacun de contribuer à la réalisation de cette vision.

Le 07 Avril 2024

Mamoudou Bocoum

Ingénieur Polytechnicien

Expert en stratégie de développement et de financement des infrastructures

 

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